Étude de cas · Accompagnement RISE

Elle sait dire non. Le vrai problème commence trois secondes après.

Sylvie*, représentante du personnel dans un grand groupe · 52 ans

Je suis toujours en train de me regarder faire. Qu’est-ce que je dis ? Comment je le dis ?

Profil rapide

Sylvie* · Représentante du personnel

Accompagnée d’août 2023 à décembre 2023.

En bref

Avant · Travail · Après

Avant

Sylvie sait dire non, mais se justifie aussitôt, se surveille en parlant et s’efface face aux personnes qui en imposent.

Travail

Arrêter le « parce que » qui sort tout seul après un non, et ne plus demander mentalement la permission de parler.

Après

Tient sa position face à son ex-mari avocat sans céder ni culpabiliser, anime une réunion de 3h sans ruminer, et s’inscrit au théâtre d’impro après des années.

Le contexte

La situation avant

Je suis toujours en train de me regarder faire. Qu’est-ce que je dis ? Comment je le dis ?

Sylvie ne parle pas. Elle se regarde parler.

Quand elle dit non, elle ne dit pas non. Elle dit : « Non, parce que je suis vraiment pas bien, j’avais plein de choses sur le feu, je ne pouvais vraiment pas… ». La justification arrive avant qu’on lui demande quoi que ce soit. Une seconde après le non. Comme un réflexe.

Et face à plus fort qu’elle, son ex-mari avocat, sa hiérarchie, des personnalités qui en imposent, elle s’efface. Elle garde ses positions pour elle. Elle prépare chaque réunion à l’excès, pas pour être compétente (elle l’est), mais pour se sentir autorisée à parler.

Ce que ça lui coûte, on le voit dans une phrase qu’elle dit souvent : « Toujours dans la retenue, peu d’audace. » Un sentiment de stagner. De rester dans des groupes qui ne la nourrissent plus parce que partir ferait conflit. De vouloir faire du théâtre depuis des années et de ne jamais s’inscrire.

Elle ne vient pas pour apprendre à parler. Elle vient parce qu’elle s’épuise à se surveiller.

Le mécanisme

Trois mouvements en boucle

Le réflexe qui se rejoue à chaque prise de parole, sans qu’elle le voie.

1 · Avant de parler

Elle se regarde parler.

Elle ne gère pas une conversation, elle gère une performance.

2 · Au moment de dire non

La justification involontaire.

Un « parce que » qui arrive sans qu’on le demande.

3 · Face à plus fort qu’elle

Le retrait.

Pas par timidité. Parce que ne pas prendre de place lui paraît plus sûr.

Le renversement

Ce n’est pas un problème de compétence.
C’est un problème d’autorisation.

Elle sait parler. Elle sait animer. Elle sait négocier. La question qui tourne derrière n’est pas « est-ce que je sais ? » — c’est « est-ce que j’ai le droit ? ». Tant qu’elle tourne, aucune préparation ne suffit.

Et c’est là que tout se joue en séance. On ne travaille pas sa prise de parole. On désamorce, à la racine, l’automatisme qui lui fait chercher la permission au-dehors. Le « parce que » ne se corrige pas en surface — il s’éteint le jour où la question « est-ce que j’ai le droit ? » n’a plus lieu d’être.

Ce mécanisme, c’est exactement ce qu’on travaille dans l’accompagnement RISE.

Découvrir le programme
La progression

De « je me surveille » à « je sais le faire quand même »

1 · Elle voit le mécanisme.
Un dimanche soir, sa fille appelle pour qu’elle ramène une amie. Sylvie est malade. Elle dit non — et se justifie aussitôt. C’est là, en direct, qu’elle le comprend : le non n’est pas le problème. La justification, si.

2 · Elle le teste sous pression.
Une heure de tension avec son ex-mari avocat. Il insiste trois fois pour lui faire endosser la charge de la garde. D’habitude elle cède, et culpabilise des jours. Cette fois, elle ne lâche pas. Première fois de sa vie.

3 · Ça devient elle.
Une réunion de trois heures qu’elle doit animer sans préparation — la situation qu’elle redoute le plus. Pas le temps de se surveiller. Elle anime. Et à la séance 6 : « Je ne suis plus en train de me poser la question de ma valeur quand je parle. »

Pas « apprendre à parler ». Arrêter de demander, à l’intérieur, la permission de le faire.

Les résultats

Ce qui a changé

J’étais même heureuse de m’être affirmée.

Concrètement, sur dix séances étalées sur un an

  • Elle tient sa position face à son ex-mari avocat, trois fois de suite, sans céder. Aucune culpabilité après. Première fois de sa vie.
  • Elle anime une réunion de trois heures sans préparation, à l’aise, sans ruminer après.
  • Les négociations ne posent plus problème. Elle dit : « Maintenant en négociation, ça va vraiment bien. »
  • Ses chefs remarquent l’évolution professionnelle, sans qu’elle ait à le dire.
  • Elle s’inscrit au théâtre d’improvisation après plusieurs années de désir reporté. Elle paie d’avance, pour rendre la décision irréversible. Et découvre, sur scène : « J’en ai retenu que je savais le faire quand même. »
  • Elle dit non sans systématiquement déposer un dossier.

En chiffres

3 foistenir face à son ex-mari avocat sans céder
3 heuresde réunion improvisée animée sans préparation
1 ande désir reporté débloqué (théâtre d’impro)
0culpabilité après l’affirmation
Verbatims

Trois phrases qui résument le basculement

J’étais même heureuse de m’être affirmée.

Après avoir tenu sa position

Je ne suis pas toujours en train de me poser la question de ma valeur quand je parle.

Séance 6, le basculement

J’en ai retenu que je savais le faire quand même.

Après son premier impro
Tu te reconnais dans ce réflexe ?

On en parle ensemble ?

Tu sais dire non, mais tu te justifies aussitôt.

Tu sais parler, mais tu te surveilles.

Tu sais ce que tu penses, mais face à certaines personnes, tu n’oses pas aller au bout.

En Session Découverte, on regarde ensemble si RISE est adapté à ta situation.

* Prénom et certains détails modifiés pour préserver la confidentialité. Témoignage publié avec l’accord explicite de la personne concernée.